RVB ou CMJN : pourquoi le bleu de votre écran n'existe pas sur papier
Votre écran fabrique la couleur avec de la lumière, l'imprimeur avec de l'encre. Certaines couleurs d'écran sont donc impossibles à imprimer.
C’est une déception classique, et elle arrive toujours au même moment : à la livraison. Le bleu était éclatant sur l’écran, il est terne sur la plaquette. Personne n’a fait d’erreur. C’est de la physique.
Deux façons opposées de fabriquer une couleur
Votre écran émet de la lumière. Il part du noir et ajoute du rouge, du vert et du bleu. Plus il en met, plus c’est clair : les trois à fond donnent du blanc. C’est le RVB.
L’imprimeur dépose de l’encre. Il part du blanc du papier et retire de la lumière, en superposant cyan, magenta, jaune et noir. Plus il en met, plus ça s’assombrit. C’est le CMJN.
Une couleur écran est une lumière qu’on vous envoie. Une couleur imprimée est une lumière que le papier vous renvoie, après que l’encre en a mangé une partie. Ce ne sont pas deux réglages du même objet, ce sont deux mondes différents.
Pourquoi certaines couleurs sont intraduisibles
Conséquence directe : la lumière peut faire des couleurs que l’encre ne sait pas faire. Les verts très saturés, les bleus électriques, les orangés fluo existent à l’écran et n’existent pas en quadrichromie.
Quand on convertit un RVB éclatant en CMJN, la machine choisit la couleur imprimable la plus proche. Elle fait au mieux, et ce mieux est toujours plus sage que l’original. Ce n’est pas un défaut de l’imprimeur, c’est la limite du procédé.
C’est aussi pour ça qu’un écran ne suffit jamais à valider une couleur d’impression. Deux écrans côte à côte n’affichent déjà pas la même chose.
Ce que ça change concrètement
Une identité de marque se pense dans les deux mondes dès le départ. C’est pour ça qu’une charte graphique sérieuse ne donne pas « du bleu » : elle donne la référence écran, la référence quadri, et souvent une couleur de référence normalisée pour les cas où l’exactitude compte. Une marque dont le bleu change selon le support n’a pas une charte, elle a une intention.
Un visuel se prépare pour sa destination. Un même logo n’est pas le même fichier selon qu’il part sur un site ou sur une enseigne. Convertir à la dernière minute, la veille du BAT, c’est découvrir les mauvaises surprises quand il est trop tard pour les corriger.
Et rien ne remplace un œil sur la fabrication. Le papier absorbe, le support réagit, une couleur ne rend pas pareil sur un flyer couché et sur du kraft. C’est la raison pour laquelle on suit l’impression chez nos imprimeurs plutôt que d’envoyer un fichier et d’espérer.
Ce qu’il faut retenir
Si vous ne deviez retenir qu’une chose : ne validez jamais une couleur d’impression sur un écran. Demandez un BAT, et regardez-le sur du papier.
Le choix des couleurs, lui, est un tout autre sujet : il touche à ce que votre marque raconte. On en parle dans notre article sur le guide des couleurs.
Notre façon de mener un projet imprimé, de la maquette à la livraison, est détaillée sur la page print et supports imprimés.
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