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Choisir les couleurs de sa marque, sans se raconter d'histoires

Le bleu inspire confiance, le vert évoque la nature : la psychologie des couleurs est plus fragile qu'on ne le dit. Ce qui compte vraiment quand on choisit.

Choisir les couleurs de sa marque, sans se raconter d'histoires

Vous avez déjà lu le tableau : le bleu inspire la confiance, le rouge l’urgence, le vert la nature, le noir le luxe. On le trouve partout, il est rassurant, et il est beaucoup plus fragile qu’il n’en a l’air.

Ce que la psychologie des couleurs dit vraiment

Ces associations existent, mais elles sont culturelles, pas universelles. Le blanc, pur en Occident, est la couleur du deuil dans une partie de l’Asie. Le même rouge veut dire danger sur un panneau, chance en Chine, et solde chez le commerçant d’en face.

Elles sont aussi contextuelles. Le vert d’une banque et le vert d’un maraîcher ne racontent pas la même chose, et pourtant c’est le même vert. La couleur ne parle pas toute seule : elle parle avec le secteur, la typographie, le ton, le support.

Choisir « du bleu parce que ça fait confiance » n’est donc pas une décision, c’est une case cochée. Et comme tout le monde coche la même, personne ne se distingue.

La vraie question : à côté de qui allez-vous être ?

Une couleur ne se choisit pas dans l’absolu. Elle se choisit **par rapport aux autres**.

Si tous vos concurrents sont bleus, votre bleu vous rendra invisible, même s’il inspire toute la confiance du monde. La question utile n’est pas « quelle couleur me correspond », mais « quelle couleur me fera exister dans mon rayon, mon salon, ma page de résultats ».

C’est une des raisons pour lesquelles on regarde le paysage concurrentiel avant de proposer une identité. Une couleur juste dans le vide peut être un mauvais choix sur le terrain.

Ce qui compte plus que le choix : la tenue

Voici la partie ennuyeuse, et c’est celle qui fait la différence.

Une marque n’est pas reconnaissable parce qu’elle a choisi la bonne couleur. Elle l’est parce qu’elle a la même, partout, pendant des années. Le site, la plaquette, l’enseigne, le camion, la signature de mail, le stand du salon.

C’est exactement ce à quoi sert une charte graphique. Pas à faire joli dans un PDF : à ce que le bleu de janvier soit le bleu de décembre, et que celui du prestataire d’à côté soit le vôtre.

Et ça suppose de savoir que **la couleur de votre écran n’est pas celle de votre imprimeur**. Une charte qui donne « du bleu » sans préciser ses références écran et quadri ne tiendra pas trois supports. On explique pourquoi dans notre article sur le RVB et le CMJN.

Comment on s’y prend

On part de trois choses : ce que vous faites, à qui vous parlez, et à côté de qui vous serez vu. La couleur vient après, et souvent elle vient toute seule.

Ensuite, on la fige : références précises pour chaque monde, règles d’usage, déclinaisons. C’est ce qui transforme une jolie proposition en une marque qui tient.

Notre façon de construire une identité est détaillée sur la page identité de marque.

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